5 leçons de communication à Anishta Babooram
Par notre chroniqueur en chef du bon sens ministériel
La scène politique locale a récemment été secouée par un épisode aussi surréaliste que révélateur, mettant en vedette la toute nouvelle (et visiblement très émotive) junior ministre du Genre, Anishta Babooram.
Un post Facebook, une déclaration dramatique sur la fin de sa patience, des accusations contre sa propre ministre de tutelle, une crise de communication en plein jour… Et ce n’est que le début de ce feuilleton ministériel.
Il est temps, chère Anishta, de vous offrir gratuitement un petit cours accéléré en communication de crise. Car si vous continuez à confondre Facebook avec le Conseil des ministres, vous allez vite apprendre que la politique n’est pas un mur de publication, mais un marathon de gestion — avec dignité.
Voici donc 5 leçons de communication de crise qu’il serait grand temps de méditer (et d'encadrer).
1. Facebook n’est pas votre attaché de presse
Madame la ministre (junior, mais ministre quand même), je vous l’ai déjà dit la dernière fois : on ne règle pas les différends institutionnels avec un post Facebook. Encore moins quand on est en conflit direct avec sa ministre de tutelle. Résultat ? Vous avez transformé un désaccord interne en drame national. La démocratie, oui. Le théâtre grec, non.
2. Ne jamais accuser publiquement son chef… sauf si on a prévu sa sortie
Vous avez accusé la ministre senior de mentir, rien que ça ! Et vous pensiez qu’ensuite tout allait rentrer dans l’ordre, façon “c’était une mauvaise journée” ? Une règle de base : on ne crame pas ses ponts quand on est encore sur le pont. À ce stade, même les leaders de votre propre alliance ne savaient plus comment justifier votre comportement.
3. On ne parle pas à la presse pendant une enquête… sauf si on veut empirer son cas
Malgré une rencontre (qu’on imagine tendue) avec les têtes de votre alliance, vous avez continué à faire des déclarations dans la presse. Aucune décision prise, mais vous, micro en main, prête à “partager votre vérité”. Erreur classique de débutante : on parle après, pas pendant. Vous êtes ministre, pas influenceuse.
4. Changer de ministère ne résout pas un problème de méthode
Envoyée au ministère de la Santé, vous avez salué la décision comme une bénédiction… sans même connaître les dossiers ! Une réaction rapide, certes, mais à l’image de votre communication : précipitée, mal informée, purement émotionnelle. Ce n’est pas un “transfer”, c’est une opération de sauvetage politique.
5. Les vies politiques ont aussi un nombre limité de jokers
Vous êtes en début de mandat, et pourtant vous avez déjà utilisé plusieurs lifelines : le public, la presse, le pathos personnel, l’attaque frontale… À ce rythme, vous n’aurez plus rien pour tenir les vraies tempêtes à venir. Une communication de crise doit préserver la crédibilité, pas l’user en première semaine.
En conclusion ?
Madame Babooram, la politique demande de l’endurance, de la discipline, et une bonne dose de silence stratégique. Ce petit cours vous a été offert gracieusement par un observateur désespérément soucieux du niveau de notre gouvernance.
Mais le prochain ne sera pas gratuit.
Luck Veer Seerungen
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