Conférence de presse de Paul Bérenger : le retour en scène d’un No 2 sous tension

 





Port-Louis, jeudi 7 août – Après plusieurs mois de silence, Paul Raymond Bérenger, vice-Premier ministre, a fait une réapparition remarquée sur la scène politique ce matin lors d'une conférence de presse particulièrement attendue. Une sortie publique qui survient ironiquement près de neuf mois – durée symbolique – après le début de l’alliance gouvernementale avec le Parti Travailliste, son partenaire majoritaire.

Dans une tentative manifeste de réaffirmer sa place au sein de l’exécutif, Bérenger n’a pas hésité à commenter, voire à empiéter sur les prérogatives de plusieurs ministres, abordant des dossiers sensibles allant de l’énergie à la diplomatie, en passant par les transports et la gouvernance des institutions publiques. Une posture qui a suscité des réactions partagées, y compris dans les rangs de l’alliance.

Le vice-Premier ministre a surpris en évoquant un risque imminent de blackout énergétique d’ici la fin de l’année, déclaration d'une gravité certaine, qui aurait normalement dû émaner du ministère de tutelle. Il a affirmé qu’« il n’y a plus grand-chose à faire à ce stade », laissant planer un malaise sur la gestion actuelle du secteur. La révélation, perçue comme brutale, met à nu les tensions internes au gouvernement et soulève des interrogations sur la transparence des informations circulant au sommet de l’État.

Interrogé sur les tensions persistantes au ministère de l’Égalité des genres, notamment entre la ministre senior et sa collègue junior, M. Bérenger a réagi avec une pointe d’ironie : « Ma fille est un exemple à suivre. » Une déclaration aux allures de favoritisme filial.

Visiblement mal à l’aise par moments, il a concédé avoir été contraint de garder le silence ces derniers mois – un exercice qui, selon ses propres mots, ne lui ressemble guère. Il a exprimé son insatisfaction concernant Air Mauritius, mais également autour de certaines nominations controversées dans les institutions étatiques, tout en prenant soin de défendre les décisions qu’il a personnellement soutenues.

Mais c’est en terrain connu qu’il s’est le plus illustré : celui de l’art de l’esquive. Pressé de s’exprimer sur les récents agissements de Dawood Rawat à la Financial Crime Commission (FCC), il a rappelé qu’il fut le premier à soulever le dossier en chambre à travers une PNQ. « Je n’ai jamais parlé de Ponzi, j’ai évoqué des problèmes de dette à l’époque, signalés par le FMI », a-t-il précisé, tentant ainsi de se dissocier une fois de plus du naufrage du groupe BAI, alors même que M. Rawat semble refaire surface dans le paysage économique local.

Paul Bérenger, l’un des derniers dinosaures de la scène politique mauricienne, reste un acteur redoutable malgré le poids des années. Fort de plus d’un demi-siècle de parcours politique, il sait encore capter l’attention, imposer sa voix et brouiller les cartes. Mais des fissures apparaissent, révélant une figure parfois dépassée par les jeux d’alliances mouvants et les logiques de pouvoir qui lui échappent peu à peu.

" Le silence est parfois plus éloquent que le discours, mais trop de silence devient un aveu"


Luck Veer Seerungen 


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